Danse, jusqu’à en oublier ton corps.
Plus tu te regardes dans le miroir, moins tu te vois tel que tu es, plus tu te mires, moins tu t’oublies, et à trop penser à toi, tu t’emprisonnes.
As-tu déjà senti ce vent de liberté sur ton visage démaquillé ou pas rasé ( je ne voudrais pas faire de sexisme ) après être allé courir ou simplement marcher dans la forêt ? As-tu déjà ressenti ce merveilleux moment d’apaisement après l’amour, lorsque, les cheveux ébouriffés et les joues rosacées tu te fous royalement de la gueule que tu as ? Je l’espère pour toi et si ce n’est pas le cas ou si tu n’as pas d’amant qui décoiffe, saute dans ton jogging, évite la salle de bain et vas-y, sors avec la gueule que tu as ! C’est au retour que tu ressentiras les bienfaits d’une telle expérience :
l’expérience de l’oubli de soi.
C’est quand tu ne sais plus de quoi tu as l’air et que cela n’a aucune importance parce que tu es intensément dans le moment présent et dans ce que tu fais. C’est quand tu n’as plus de masque, plus d’apparats, plus de faux-semblants derrière lesquels te cacher, pensant te protéger.
Parce que le masque ne protège pas, le vrai masque est celui qui te révèle, le vrai costume est celui qui fera apparaître une part de toi. A trop valoriser l’esthétique, on ne donne rien de plus à voir qu’un peu de fard et de mascara, qu’un peu de gel sur notre feu intérieur.
Pendant des années, j’ai dansé sans parvenir à être moi-même. D’abord il faut savoir qu’en Danse Orientale le costume prévaut. Il doit en jeter, il doit révéler ton corps de princesse des mille et une nuits. Ta danse sera scrutée jusque dans le moindre mouvement de hanche, la moindre ondulation du ventre. Plus tu surjoueras les émotions, plus tu surexposeras ta féminité, plus tu seras élevée au rang de grande danseuse. Pour les danses traditionnelles, c’est un peu différent car le costume est lié à une culture ou un rituel, ce qui n’empêche pas de se dire évoluée en y apportant sa touche de modernité parfois bien kitsch...
Je sentais bien que ce n’était pas moi. Et parfois, j’aurais préféré danser nue, jusqu’à en oublier mon corps. Alors bien entendu, comme c’est interdit et que mon corps n’est pas parfait, j’ai cherché une autre voie, celle de mon intériorité. Parce qu’au final, même ma nudité serait vue comme un habit. Elle couvrirait l’invisible.
Danser l’invisible.
Il est un moment exquis, qui ressemble à cette phase incroyable quand tu cours, celle où tu ne ressens plus l’effort et où tu as la sensation que tu pourrais courir des heures. Ton corps devient visible, harmonieux, esthétique, grâce à l’invisible, grâce à ce qui s’est produit à l’intérieur de toi, dans tes organes, dans la chimie de ton cerveau, dans ce processus qui t’a conduit à t’oublier. Et c’est là précisément que tout apparaît, que tout se révèle. C’est là que ta danse est danse, que tout s’unifie, qu’aucun jugement ne viendra la perturber. C’est là que tu donnes à voir, à ressentir, à émouvoir, à bousculer, à surprendre et à laisser s’exprimer ce qui t’échappe. Tu danses, jusqu’à en oublier ton corps. Tu danses avec l’instant, avec tout ce qui t’entoure, avec tout ce qui est là et tout ce qui ne l’est pas.
Et c’est plus que beau, parce que ce n’est que toi.
Iman Joussot- DanseSource® - 14 février 2018
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L'acte créatif

 

 

 

Je suis créative, j'ai besoin de transformer le Réel, mon Intellect, mes Émotions, mes Énergies.

Je ressens cela depuis l'enfance. Observez un enfant, si vous lui ôtez des mains tous ces matériaux artificiels ( portable, tablette, ordinateur, TV etc...) et que vous le laissez jouer dans la nature, vous verrez qu'il joue à transformer le réel et qu'il parle aux insectes, aux oiseaux, aux arbres, à ses amis imaginaires. Il fera d'une petite branche un outil, d'une couverture sa maison, tout ce qu'il percevra sera UNE EXPÉRIENCE.

 

 

 

Créer, c'est expérimenter !

Expérimenter, c'est vivre !

Vivre est une expérience.

 

Bien-sûr, je le comprends aujourd'hui. Si l'acte de créer ne m'a jamais quitté, l'écriture poétique, la danse, le chant, l'humour, l'improvisation etc... sont des expériences que je vivais tandis que mes souffrances psychiques s'emparaient de moi souvent de manière violente. Sans le savoir, l'acte créatif me sauvait. Il m'a fallu sortir du jugement sur moi-même et sur les autres pour qu'enfin je puisse libérer pleinement tout ce qui grouille en moi et qui attend que j'en fasse une création.

 

L'action de créer est donc une expérience : l'expérience de soi avec la matière, les matières qu'il faut distinguer de l’Être. Notre corps lui-même n'est qu'une enveloppe recouvrant notre squelette. Notre âme est nue. En créant nous la laissons s'exprimer, en dehors de tout cadre pour transformer la matière.

 

Je m'indigne toujours du manque de place accordée à l'acte créatif en milieu psychiatrique. Nombre de murs délabrés pourraient être recouverts d'une fresque collective ou de tags individuels. En lieu et place de photos de lotus, des tableaux d'artistes qui permettraient à chacun de voir et de projeter ce qu'il veut. Je parle de tableaux aux couleurs et aux formes non explicites sur lesquels un regard toujours nouveau pourrait se poser. Une salle avec des instruments à disposition et de la musicothérapie, des poèmes affichés par ceux qui le souhaitent... dans des espaces définis afin de ne pas surcharger émotionnellement les patients.

 

Permettre aux personnes en souffrance psychique l'acte créatif participe à la refondation de la Pyramide du SoiC'est permettre au patient de se relier au présent et d'en produire une trace.

Je ne parle pas ici seulement de création artistique, je parle de l'acte en lui-même. Il peut donc prendre bien des formes. 

 

Malade ou pas, l'acte de créer est une expérience qui relie à Soi et à l’Éternité, puisque rien ne meurt au présent.

Iman Joussot- DanseSource® Retrouvez d’autres articles ici ! : https://imanjoussotarticles.wordpress.com/

Ton Corps est ta Maison
Durant ma formation en psychothérapies médiatisées, laquelle devait aborder les productions des patients en service psychiatrique, en écriture, dessin-peinture, terre (poterie), musique ET danse, je me suis étonnée car au bout de plusieurs sessions nous n'avions toujours pas abordé la danse. J'ai donc décidé de poser la question au grand Professeur qui ce jour là animait le cours :
" Pourquoi n'avons-nous toujours pas abordé la danse ? "
Après un long silence (de réflexion sans doute), le Professeur m'a répondu : " Parce que je ne sais pas ce que c'est. "
J'avais remarqué, dès mon premier entretien avec lui, sa " forme physique", comprenez, son enveloppe corporelle.
Il était de très grande taille et très raide. Lorsqu'il se déplaçait sa tête était si soudée à son tronc qu'elle semblait ne pas pouvoir tourner de manière autonome. Au fil des cours j'avais observé son corps, son maintien, assis, debout, en déplacement. Sa raideur en faisait un bloc.
Il n'était pas dans son corps. Il n'habitait pas son corps, sa maison. Tous ses gestes semblaient uniquement guidés par le mécanisme cérébral, il était ainsi en économie de mouvements.
Alors nous n'avons pas parlé de danse avec lui. Mais l'observation de son corps m'en a appris bien plus sur la question.
Ton corps est ta maison. Cette maison peut être un temple, une cabane de bois, un palais... mais c'est ta maison.
Il est bon d'en prendre soin, et d'y vivre bien.
Iman Joussot - 31 octobre 2016 - DanseSource® - Retrouvez d’autres articles ici ! : https://imanjoussotarticles.wordpress.com/

 

 

 

 

  A LA SOURCE DE SOI ET DU MONDE

La question du respect des danses dites du monde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque j'ai dû écrire à propos de la DanseSource® laquelle est le fruit de mon expérience et de mes réflexions, j'ai rencontré plusieurs difficultés.

 

En premier lieu, il est toujours difficile de traduire en mots un projet naissant, car seule son expérience vivante peut lui permettre de grandir et de se préciser, malgré les réflexions profondes qui l'ont nourri tout au long de sa gestation.

 

Dès le début de ma formation et de mon enseignement de la danse dite "orientale", j'étais, comme d'autres enseignantes, dans un questionnement incessant quant à la bonne dénomination. Que voulait dire "orientale" ? Que voulait dire "danses arabes", "maghrébines", "moyen-orientales"...? Aucune de ces dénominations ne pouvaient convenir...

Il fallait donc toujours préciser l'origine de la danse, des danses enseignées, puisque la danse orientale ne peut se limiter à un pays, un peuple, une culture.

 

Par ailleurs, de quoi parle t'on lorsque l'on aborde les danses dites "traditionnelles" de ces pays ? Et peut-on les enseigner sans avoir vécu l'expérience vivante non seulement du voyage mais surtout du partage avec les "détenteurs" de ces savoirs ?

Et qui sont-ils vraiment ces détenteurs ?

 

Je n'ai pour l'heure toujours pas trouvé d'exactes réponses à ces questions. J'ai donc réfléchi à qui j'étais, à ma propre identité, à la notion de "racines", "d'appartenance", de "culture"... à ma propre place dans l'Univers, sur cette Terre aux mille couleurs.

Et comme je suis enseignante, j'ai réfléchi à ce que je souhaitais transmettre.

 

 

La DanseSource® est née de tous ces questionnements :

 

Comment prétendre enseigner telle ou telle danse extérieure à ma culture, mais dans laquelle je peux toutefois me reconnaître, me retrouver, me prolonger, me découvrir ?

 

Comment et pourquoi me limiter aux frontières géographiques et culturelles tandis que mon âme et mon corps n'en connaissent pas, et qu'ils ne cessent de se nourrir de tout ce qui vient de moi-même et de cet "ailleurs" ?

 

Comment transmettre ces danses sans les "dénaturer", sans les confondre, sans les vider de leur substance ?

 

Comment devais-je nommer mon approche, sans tomber dans la mode de l'authentique, de l'ethnique, de l'anthropologique, du primitif, du tribal, du folklorique voire du thérapeutique ? ...

 

 

A la Source de Soi et du Monde

 

La période dite de crise que nous traversons, et qui semble réveiller les questions identitaires, communautaires, où la question de l'Autre est au centre de tous les débats sans qu'il ne soit possible d'en peindre la richesse, dans cette ère de crise mondiale, d'affrontements, de guerres, de rejets, de combats, de violences, poussant des populations entières à fuir, à migrer vers d'autres horizons, dans ce "formidable" mouvement des peuples et de leurs cultures, il m'apparaît essentiel de redéfinir la notion d'identité et d'appartenance culturelle en ce qui concerne la pratique et l'enseignement des dites "danses du monde".

 

Considérant la Danse comme une merveilleuse expression de Soi, une possible rencontre de l'Autre avec tout ce qui le définit au-delà de son origine et de sa culture, la DanseSource® souhaite être une passerelle qui, telles ces danses qui ont voyagé, permet à chacun de se situer tout en continuant à se découvrir.

 

La DanseSource® n'a donc aucune prétention, je ne suis ni ethnologue ni anthropologue bien que ces domaines me passionnent, je ne suis pas non plus noire, africaine, arabe, indienne, brésilienne... il paraît que je suis blanche, européenne, que j'ai des origines, comme tout le monde, mais je ne connais pas encore les danses bretonnes, je suis sensible à toute la richesse des rythmes du monde, des danses d'ici et d'ailleurs, en leurs capacités à unir, ouvrir, réunir.

 

Chacun porte en lui sa part d'ailleurs, puisons donc à cette source, celle de notre Etre en premier lieu, puis à la source de ce monde, pour lui redonner sa dignité et sa part de créativité.

 

Toutes les danses d'Ailleurs que j'ai apprises ne prennent sens qu'à partir du moment où j'ai effectué ce voyage en moi.

 

Iman Joussot - 13 octobre 2015 - DanseSource® - Retrouvez d’autres articles ici ! : https://imanjoussotarticles.wordpress.com/